Enjeux - Les OGM au coeur de la controverse
PERSPECTIVES ET SOLUTIONS
La recherche prend du retard ?
Les chercheurs et les professionnels des semences regrettent que la France soit arrivée à cette situation de blocage car ils estiment qu’elle met en péril l’avenir de la recherche et de l’expertise françaises en biotechnologies végétales. Les chercheurs ont d’ailleurs été choqués de voir leurs essais détruits par les mouvements anti-OGM. Pour eux, il est indispensable de préserver des expérimentations sur les OGM, afin que la France ne prenne pas de retard sur les laboratoires et les firmes américaines notamment. Empêcher les sélectionneurs européens d’exploiter ces technologies, c’est, de leur point de vue, prendre le risque de voir la sélection variétale se concentrer dans les mains d’un nombre très limité de firmes privées ou de capitaux multinationaux.
Des distorsions de concurrence
Les agriculteurs français favorables aux OGM s’estiment, quant à eux, victimes de distorsions de concurrence par rapport aux producteurs des pays où les cultures d’OGM sont autorisées. La réduction du nombre de produits phytosanitaires et l’obtention de variétés plus productives, qui exploitent mieux l’eau disponible ou les engrais par exemple, permettent de réduire les coûts de production. Les producteurs français redoutent de voir se creuser les écarts de compétitivité avec leurs homologues d’autres pays.
Un cadre clair pour cultiver des OGM ?
La notion de seuil de présence fortuite d’OGM dans les semences non OGM ou dans les récoltes de graines non OGM, est discutée depuis très longtemps dans les instances européennes et françaises. Mais la question n’a pas encore été tranchée. Un seuil de 0,9 % a été avancé, comme celui qui a été adopté pour l’étiquetage des produits alimentaires, mais il est contesté par les mouvements anti-OGM.
De même, de nombreuses études ont été conduites pour définir les règles de production de variétés OGM et non OGM (distance entre parcelles par exemple) et éviter les risques de pollinisation croisée entre elles. Là encore aucune décision n’a été prise.
La fixation de ce seuil et la définition de règles précises de « co-existence » des cultures OGM et non-OGM, seraient une grande étape aux yeux du monde agricole, pour cultiver sans crainte des OGM. Les anti-OGM campent, quant à eux, sur leurs positions, et estiment pour le moment le risque de cultiver des variétés OGM tout simplement trop élevé.
Pour tenter de calmer le jeu et éclaircir la situation, le gouvernement français a créé en avril 2009, le Haut Conseil aux Biotechnologies. L’une de ses premières missions sera justement de statuer sur la définition de ce qu’est un OGM et un non-OGM.
Du côté des chercheurs et des sélectionneurs, des idées nouvelles qui pourraient être reprises par la réglementation, se font jour. Des scientifiques suggèrent par exemple de demander systématiquement aux entreprises de justifier le choix du gène qui a été introduit et sa modalité d’insertion, et de fournir une analyse type avantage/inconvénient pour chaque dossier. Ils proposent également de renforcer les tests toxicologiques au moment de la demande d’homologation, en les étendant à au moins deux espèces par exemple, au lieu d’une seule, en les prolongeant au delà de 90 jours, en tenant compte du sexe des individus … ou d’autres éléments qui pour le moment, n’entrent pas dans les contrôles.
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Raisonner au cas par cas
Les débats récents entre pro et anti-OGM ont mis en évidence la nécessité à l’avenir de ne plus raisonner l’autorisation des OGM dans leur globalité, mais bien d’étudier au cas par cas chaque dossier d’homologation.




