Enjeux - Les Biocarburants : une voie d'avenir ?
LE CONTEXTE
Réduction des gaz à effet de serre En Europe, les biocarburants se sont surtout développés pour leurs avantages vis-à-vis de l’environnement car ils constituent l’une des réponses possibles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Leur combustion libère certes du gaz carbonique (CO2), l’un des principaux gaz à effet de serre, mais il s’agit de CO2 que les plantes ont piégé lors de leur croissance, à partir du CO2 déjà présent dans l’atmosphère. Des carburants propres La diminution des taux de rejets polluants dans l’atmosphère est aussi un argument développé par les filières de production de biocarburants : ils ne dégagent pratiquement que du CO2 et de la vapeur d'eau et contrairement aux carburants d’origine fossile, pas ou très peu d'oxydes azotés et soufrés (NOx, SOx). Ainsi, de par ses propriétés lubrifiantes, l’introduction de biodiesel dans les diesels, a permis aux pétroliers de supprimer les ajouts de soufres dans leurs carburants. L’introduction de bioéthanol dans l’essence améliore également sa combustion, en augmentant son indice d’octane. Un allègement de la facture pétrolière Troisième argument mis en avant par les défenseurs des biocarburants : la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations de pétrole : chaque tonne de biocarburant produite, c‘est une tonne d’essence ou de gazole issue de pétrole importé qui est économisée. C’est le premier objectif des deux grands producteurs de bioéthanol, les États-Unis et le Brésil qui considèrent leur approvisionnement en énergie, comme un enjeu stratégique, d’autant plus stratégique qu’une grande partie de la production pétrolière de la planète est entre les mains de pays politiquement instables. Le pétrole représente en valeur plus de 80% des importations d’énergie françaises (source : base de données Pégase, Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie). Toute énergie nouvelle contribue à diversifier les sources d’approvisionnement et à réduire notre dépendance vis-à-vis du pétrole importé. La production de biocarburants s’accompagne également de la production de co-produits d’origine végétale comme les drèches ou les tourteaux riches en protéines : une autre façon d’alléger le déficit de notre balance commerciale car la France et l’Europe manquent de protéines pour l’alimentation des animaux et en importent chaque année des volumes très importants.
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Chiffres-clés
Cycle de vie des biocarburants
Selon une étude très récente d'analyse du cycle de vie des biocarburants « du champ à la roue », conduite par l’Ademe et BIO Intelligence Service :
- Par rapport à l’essence, la filière bioéthanol permet de réduire de 58 % (pour le blé) à 73 % (pour la betterave), les volumes de gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. - Le rendement énergétique (énergie restituée / énergie non renouvelable mobilisée) pour la production d’éthanol de blé et de betterave est en moyenne de 1,7. Cela signifie que le bioéthanol fournit 1,7 fois plus d’énergie qu’il n’en consomme pour sa production (contre 0,8 pour l’essence). - Par rapport au gazole, le biodiesel permet de réduire de 60 % (pour le colza) à 73 % (pour le tournesol), les émissions de gaz à effet de serre. - En 2008, l’incorporation de 5.75 % de biodiesel dans le gazole à la pompe, a permis d’éviter un rejet dans l’atmosphère équivalent à 4.5 millions de tonnes de gaz à effet de serre. - Le biodiesel fournit 2,2 fois plus d’énergie que l’énergie fossile qui a été nécessaire à son élaboration (contre 0,8 pour le gazole).




