Enjeux - La PAC est-elle indispensable ?   Enjeux - La PAC est-elle indispensable ?

LES PROBLEMES POSES

Déstabilisation des filières agricoles dans les pays en voie de développement
 
Depuis que l’Union Européenne a passé le cap de l’autosuffisance en produits agricoles, les mécanismes de la PAC ont incité les organismes collecteurs et les industriels européens à exporter vers les pays tiers des céréales, du lait, de la viande ou des produits transformés à des prix plus bas que les cours fixés au sein de l’UE.
En mettant sur le marché mondial, des volumes très importants, sans vraiment tenir compte du prix, l’UE a contribué à faire baisser les cours mondiaux, provoquant une déstabilisation des filières agricoles en particulier dans les pays en développement.

Il en était d’ailleurs de même des Etats-Unis. Sous la pression du Gatt puis de l’OMC, l’Union Européenne a réformé sa politique agricole pour éviter cet écueil, mais les réformes sont-elles allées assez loin ?

Un coût élevé pour les citoyens européens

Les détracteurs de la PAC estiment également qu’en instaurant un système d’aides directes aux agriculteurs, l’Union Européenne a consacré un budget colossal à son agriculture, et que chaque producteur européen reçoit des subventions considérables et absolument injustifiées.

Ce virage de la PAC est d’autant plus mal compris par les citoyens européens que les consommateurs ne l’ont pas perçu en faisant leurs courses : ils ont bénéficié de certaines baisses de prix à partir de 1992, mais les chutes de prix à la production ne se sont pas répercutées dans tous les secteurs.
Entre 1990 et 2000, le prix du blé a été divisé par deux, sans que le consommateur ne perçoive une quelconque baisse de prix lorsqu’il achète son pain.
Entre 2004 et 2009, le prix payé aux producteurs européens pour leurs betteraves, est passé de 42 €/t à 25 €/t sans que le consommateur ne mesure de différence lorsqu’il achète son sucre, ses barres chocolatées ou ses sodas.

La compétitivité de l’agriculture européenne en jeu

Bien que les agriculteurs européens aient réalisé des efforts importants pour rester compétitifs, ils doivent faire face à des contraintes que n’ont pas forcément leurs homologues des pays tiers : ils doivent par exemple respecter des pratiques exigeantes en matière de préservation de l’environnement ou de bien-être animal, engager des frais pour mettre aux normes leurs bâtiments … des obligations qui pèsent sur leurs coûts de production. 

L’Europe doit également faire face aux avantages comparatifs d’autres pays (climat, terres disponibles, réservoirs de productivité, main d’œuvre,…), et notamment les pays émergents de plus en plus agressifs sur les marchés.
Dans ce contexte, soutenir la production et la compétitivité de ce secteur, sans qu’il n’y ait de répercussions négatives sur les agricultures des pays en développement, c’est l’un des principaux enjeux de la PAC.

Revenu des agriculteurs non assuré et forte fluctuation des prix, un échec pour la PAC ?

Malgré des budgets très importants consacrés à la PAC, le revenu moyen des agriculteurs européens reste en deçà de celui des employés européens. Aux travers des dernières évolutions de la PAC, et dans l’objectif de moderniser son agriculture, de fournir aux européens une nourriture bon marché et à terme, de réduire le budget consacré à l’agriculture, l’Union Européenne a été guidée par une logique que bon nombre d’intervenants qualifient d’ultra-libérale.

Cette nouvelle orientation de la PAC n’a pas permis de préserver l’Europe, de la flambée des cours des denrées agricoles en 2007-2008, ni de la chute de revenu des agriculteurs dans quasiment toutes les productions, en 2009. Certains n’hésitent pas à parler à ce titre, d’un double échec de la PAC. 

Pour les agriculteurs, la mise en place du système de DPU, avec des aides déconnectées de la production, c’est-à-dire qui leur sont attribuées même s’ils ne cultivent plus, les a parfois conduits à ne plus travailler leurs terres : « Pourquoi produire alors que l’on perçoit une rente, indépendamment de ses productions ? ».

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La PAC représente aujourd’hui au sein de l’Union Européenne, un emploi pour plus de 40 millions de personnes : 30 millions dans les exploitations agricoles et 10 millions, en amont ou en aval de l’agriculture, dans les coopératives et les négociants, les fournisseurs de matériel ou d’intrants (semences, produits phytosanitaires, engrais), les industries agro-alimentaires et les services (chambres d’agriculture, centres de gestion …).

Cela signifie qu’actuellement en Europe, 1 emploi sur 6 dépend de la Production agricole commune.