Enjeux - Les phytosanitaires : à bannir ? Enjeux - Les phytosanitaires : à bannir ?

LES PROBLEMES POSES

Méfiance grandissante vis-à-vis de la chimie

Malgré des dossiers d’homologation très complets, basés sur des études conduites avec la plus grande rigueur, la suspicion vis-à-vis de l’emploi des produits phytosanitaires persiste. 
Les accidents qui se sont produits par le passé (atrazine retrouvée dans l’eau, résidus de pesticides dans des légumes, problèmes d’allergie chez des agriculteurs …) restent ancrés dans les mémoires. Ces dernières années, les produits phytopharmaceutiques n‘échappent pas à la méfiance grandissante des citoyens et des consommateurs, vis-à-vis de la chimie, de façon générale ; et les communications à l’encontre de l’agriculture intensive n’ont cessé de se multiplier.

Les risques vis-à-vis de l’environnement

Encore aujourd’hui, les produits phytosanitaires peuvent contaminer le milieu par des pollutions ponctuelles (accidents de stockage, débordement de cuve) ou diffuses (ruissellement et infiltration). L'exposition des eaux de surface à ces différents produits est directe. Celle des eaux souterraines dépend de la nature des sols et du type de culture. L'Europe a élaboré une directive cadre qui vise à assurer un bon état qualitatif et quantitatif des ressources en eau, avant la fin 2015 (directive 2000/60/CE). Selon l’Insee, au stade actuel de l’analyse, environ la moitié des masses d’eau souterraine risque de ne pas atteindre un bon état chimique d’ici à 2015, principalement à cause de concentrations trop importantes en nitrates ou en pesticides.

Effets sur la santé

La toxicité des produits phytosanitaires mal utilisés ou consommés à forte dose, est connue depuis très longtemps. Elle est d’autant plus importante, que certaines substances actives ont tendance à se concentrer dans la chaîne alimentaire. Pour éviter tous risques au niveau de la santé publique, les Pouvoirs Publics suivent de près la qualité des aliments et analysent régulièrement les denrées agricoles : ils vérifient notamment si dans ces produits, une substance active ne dépasse pas les niveaux de LMR (limite maximale de résidus autorisée) fixés. (http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/index.php).
Les risques les plus importants pour la santé humaine sont pris par les utilisateurs de produits phytosanitaires, à savoir les agriculteurs, mais aussi les jardiniers amateurs, qui ne respectent pas toujours parfaitement les mesures strictes d'utilisation et les règles de protection recommandées (port de masques et de gants).

Des répercussions sur la biodiversité

L’utilisation des produits phytosanitaires est aussi suspectée d’être la cause de la réduction de la biodiversité. On leur reproche d’avoir provoqué une diminution du nombre de papillons ou de hannetons par exemple ou de certaines espèces végétales (bleuets, orchidées …). Plus récemment, on leur attribue une part de responsabilité importante dans la chute des populations d’abeilles ou dans la réduction du nombre de petits gibiers comme les perdrix.

Effets sur les rendements

L’utilisation de produits phytosanitaires présente des risques, mais a contrario, la volonté de certains de vouloir les supprimer complètement, soulève aussi des interrogations. S’en priver systématiquement aurait un impact direct sur les rendements, donc sur les volumes de production, ce qui provoquerait in fine, une hausse importante du prix des aliments.
Ceux qui défendent le recours raisonné aux produits phytosanitaires insistent sur leur rôle pour assurer le volume de production alimentaire : ils estiment avant même de parler d’augmentation du prix des aliments, que s’engager dans un processus de baisse de la production n’est pas très opportun à l’échelle de la planète alors que la population continue à croître et que la production actuelle de denrées agricoles a déjà du mal, certaines années, à satisfaire les besoins.  
Déjà aujourd’hui, la révision des homologations engagée au plan européen depuis une quinzaine d’années, a entraîné la suppression de molécules ce qui pose des difficultés de désherbage et de lutte contre certains ravageurs (taupin dans le maïs …) ou provoque une augmentation du coût de la protection (désherbage du maïs ou du colza).

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Qualité des eaux souterraines

Le réseau d'observation des eaux souterraines porte sur 1 878 points de mesure, avec au minimum 1 prélèvement par an, donnant les résultats suivants sur l'aptitude à fournir de l'eau potable :
- 82.2 % respect des normes.
- 13.1 % non-respect des normes par au moins une substance.
- 4.1 % non-respect des normes.

63 % des points de mesures en France et 55 % dans les DOM contiennent des pesticides. 37 % des points de mesures semblent exempts de contamination et 38 % présentent une contamination faible.

 

(Source : Observation et Statistiques, Respect des normes par les pesticides dans les eaux souterraines - mai 2012)