Enjeux - Les produits phytosanitaires Enjeux - Les produits phytosanitaires

PERSPECTIVES ET SOLUTIONS

Une place pour l’agriculture biologique

L’agriculture biologique a montré qu’il était possible de produire des céréales, des fruits, des légumes et toutes autres denrées végétales, sans avoir recours aux produits phytosanitaires. Ou tout au moins, en très faible quantité, car les producteurs bio sont autorisés à utiliser certaines molécules, notamment des produits très anciens comme la bouillie bordelaise. Le coût de production des produits bio est plus élevé, mais une partie de la population est prête à payer davantage pour les consommer.

Les notions de « danger » et de « risque »

Risque et danger ne sont pas synonymes. En ce début de XXIème siècle, où le principe de précaution est très souvent mis en avant, il est important de bien faire la différence entre ces deux notions. « Prendre en compte un danger » ne signifie pas « bien gérer un risque ». Le soleil est dangereux, il peut brûler la peau. Mais s’exposer de façon modérée, opter pour une protection adaptée n’empêche pas de profiter des bienfaits du soleil. Le risque est dans ce cas, bien géré. L’électricité est extrêmement dangereuse, la société n’a pas pour autant décidé de s’en priver. Elle a par contre opté pour des dispositifs de sécurité efficaces qui se sont affinés au fil de temps. Elle a géré correctement le risque lié à l’utilisation de l’électricité. On peut multiplier les exemples avec le feu, les détergents … et finalement avec tous les produits issus de la chimie.

Pour une bonne gestion du risque phytosanitaire

Les produits phytosanitaires peuvent aussi être dangereux, mais on connaît aujourd’hui la façon de bien maîtriser leur utilisation et des recommandations précises ont été définies lors des étapes de manipulation (transport, stockage, préparation de la bouillie, application, gestion des déchets…), pour bien gérer le risque lié à leur emploi. Le respect de ces recommandations par les utilisateurs est essentiel. Il garantit à la fois la sécurité de l’utilisateur, du consommateur et de l’environnement. Les pouvoirs publics y veillent par une réglementation stricte, des contrôles permanents chez les agriculteurs et des analyses régulières des produits agricoles et de l’eau (http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Produit-phytosanitaire.html).

D’ici à 2018, diviser par deux, l’utilisation des produits phytosanitaires

Le contexte social et politique récent appelle aussi les acteurs du monde agricole à réduire de façon drastique l’emploi des produits phytosanitaires. C’est notamment le cas, au travers des engagements du Grenelle de l’Environnement qui se sont traduits, pour les produits phytosanitaires, par la mise en œuvre du plan EcoPhyto 2018. Ce plan élaboré par le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, vise à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires de 50 %, si possible, d’ici à 2018, tout en préservant la compétitivité de l’agriculture. Il prévoit pour cela toute une série de mesures dont l’objectif est d’aider les agriculteurs à réduire l’emploi de ces produits, à mieux les utiliser et à disposer de méthodes alternatives le plus rapidement possible (voir ci contre).
En parallèle, au plan européen, le nouveau « Paquet pesticides » rassemble toutes les directives relatives à l’utilisation durable des produits phytosanitaire et à leur mise en marché. La nouvelle directive devra être transposée par les Etats membres d’ici à 2011.

Formation des agriculteurs et retour à l’agronomie

Le recours à la chimie pour faire face aux agressions des parasites et augmenter les rendements ne constitue ni une option à bannir, ni une réponse unique et systématique. Il existe une marge de progrès importante dans l’élévation du niveau technique des agriculteurs par la formation, par les conseils des chambres d’agriculture et des coopératives et par le développement de la traçabilité. Il est aussi essentiel de remettre l’agronomie au premier plan, c’est-à-dire de réfléchir à des itinéraires techniques innovants et de concevoir dorénavant l’usage des produits phytosanitaires comme l’un des outils de la protection intégrée des cultures, et non plus le seul. Il est à ce titre très important de promouvoir l’utilisation raisonnée des produits phytosanitaires par un emploi non plus systématique, mais uniquement lorsque c’est nécessaire. Les agriculteurs ont engagé des efforts très importants dans ce sens, ils doivent les intensifier.

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Ecophyto 2018, un plan ambitieux

L’objectif du plan Ecophyto 2018, engagé dans le cadre du Grenelle de l’Environnement est de réduire de 50 % les utilisations de produits phytosanitaires à l’horizon 2018, si possible.

Ce plan prévoit pour cela :
- de diffuser le plus largement possible auprès des agriculteurs, les pratiques les plus économes en produits phytosanitaires,
- de renforcer, par la formation, la compétence de l'ensemble des acteurs de la chaîne pour réduire et sécuriser l'usage des produits phytosanitaires,
- d’encourager les méthodes alternatives de protection des plantes et de dynamiser la recherche en ce sens, avec une attention particulière à la création de variétés plus résistantes et mieux adaptées. Il s’appuiera également sur des dispositifs de surveillance en temps réel, des maladies et des ravageurs des cultures afin d'avertir les exploitants et leur permettre de mieux cibler les traitements (bulletin de surveillance).
Un dispositif de suivi quantitatif des doses de pesticides utilisées en France et une instance de suivi qui regroupe professionnels, ONG et chercheurs, ont été mis en place.


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