Eau et développement durable : l'agriculture un secteur engagé

22 Mars 2015

Le 22 mars, comme chaque année, l’eau sera à l’honneur dans le monde entier. 

La journée mondiale de l’eau c’est avant tout l’occasion de sensibiliser tout un chacun sur l’importance de cette ressource à tous niveaux : énergie, consommation, industrie, santé… En 2015, avec le thème « l’eau et le développement durable », la journée mondiale de l’eau mettra en évidence les liens qui unissent ces deux sujets aux enjeux considérables pour l’avenir de notre planète. L’agriculture est un secteur particulièrement concerné et impliqué par ces derniers. Alors que les activités agricoles sont souvent considérées comme sur-consommatrices d’eau et sources de pollution, il importe de rappeler qu’il n’y a pas d’agriculture sans eau et que les agriculteurs ont engagé des efforts importants depuis une vingtaine d’années pour « produire plus et mieux » en intégrant les aspects quantitatifs et qualitatifs de cette ressource dans leurs pratiques. Explications.

Consommation d’eau en France

Si l'eau est présente en très grande quantité sur la terre, 97 % de la ressource est constituée d’eau salée et 2 % est fixée sous forme de glace. L’eau douce « liquide » ne représente qu’environ 1 % du total de l’eau du globe. En France, 14% de cette eau est utilisée par les pratiques agricoles. Contre toute attente, 94% des surfaces agricoles ne sont pas irriguées. Les superficies irriguées en France sont stables (5,8 % de la Surface Agricole Utile*) depuis 2000.

La qualité de l’eau : une préoccupation pour l’agriculture

La Directive Cadre sur l’Eau demande aux Etats membres européens de protéger leurs ressources en eaux. En France, parmi les mesures mises en œuvre la mise en place de plans d’actions sur les aires d’alimentation de captage d’eau potable s’avère particulièrement structurante pour les territoires concernés. InVivo AgroSolutions, filiale d’InVivo spécialisée en ingénierie agro écologique, mobilise justement ses partenaires agricoles pour participer activement à la gestion de ces aires. Cette intervention repose sur plusieurs niveaux :

  • Délimiter le territoire et diagnostiquer la vulnérabilité ainsi que les impacts potentiels des pratiques sur les ressources en eau
  • Définir et piloter les plans d’actions pour améliorer et/ou maintenir la bonne qualité de l’eau
  • Qualifier et quantifier la performance agroenvironnementale des solutions mises en place.

Concrètement, certaines pratiques permettent de concilier « eau et développement durable »

  • L’installation de cultures « pièges à nitrates », communément appelés les CIPAN (culture intermédiaire piège à nitrates). Leur recours permet de prévenir de la pollution azotée, et de protéger les sols de l’érosion. Parmi les plus connus, la moutarde remplit parfaitement son rôle.
  • La mise en place d’éléments du paysage (bandes enherbées, haies, ripisylves…) à proximité des cours d’eau et fossés qui ont la capacité d'intercepter les flux d'eau, certains produits phytosanitaires, et de limiter l’érosion.
  • La mise en place de plateformes de compostage qui permettent de valoriser des matières organiques dont l’épandage direct pourrait représenter un risque de lessivage vers les eaux.
  • La proposition de diagnostics individuels environnementaux aux exploitants agricoles, adaptés aux spécificités de leurs parcelles

Protection des eaux : un projet de territoire

Aujourd’hui en France, les outils d’aide à la décision pour une bonne gestion des nitrates sont utilisés sur quelques 2 millions d'hectares par les coopératives adhérentes du réseau InVivo Agro. L’élaboration et la mise en œuvre de ces plans d’actions sont déterminantes pour la reconquête du bon état des eaux. La protection des captages doit dès lors s’insérer dans un projet de territoire, cohérent d’un point de vue socioéconomique, impliquant différents acteurs. Au premier rang desquels ceux du monde agricole qui s’engage, se structure pour que l’eau et le développement durable soient compatibles avec les pratiques et enjeux agricoles.

L’agriculture – et donc les agriculteurs et leurs coopératives – est bien productrice de solutions innovantes pour la gestion de la qualité de l’eau au bénéfice de la société. Progressivement, le concept de services environnementaux (qui traduit l’action de l’homme en faveur de l’environnement), et la rémunération de ces services délivrés par l’agriculture sont rendus opérationnels. Des sujets sur lesquels travaillent InVivo, via sa filiale, InVivo AgroSolutions.

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*Source : rapport de la mission gouvernementale de Philippe Martin, juin 2013.