Retour sur la conférence de la nuit de l’agroécologie : « Freins et leviers au déploiement de l’agroécologie en France »

03 Juillet 2017

2ème édition de la nuit de l’agroécologie :

Dans le cadre de la nuit de l’agroécologie le jeudi 22 juin 2017, Agrosolutions a tenu une conférence  animé par Amina Galiano, Manager filières agroalimentaires et RSE, pour échanger sur le déploiement de l’agroécologie en France, les freins rencontrés et les leviers à activer.

Retour sur cet événement riche en débats.

La participation de Stéphane Le Foll, à l’origine du projet agro-écologique pour la France

Le projet agro-écologique pour la France présenté en 2012 par Stéphane Le Foll vise à donner une perspective ambitieuse à notre agriculture en engageant la transition vers de nouveaux systèmes de production performants dans toutes leurs dimensions : économique, environnementale, et sociale.

M. Le Foll, est revenu sur la mise en place de ce projet qui vise à positionner la France comme leader sur le sujet :« Nous estimons qu’il devient nécessaire de faire émerger massivement une agriculture française à triple performance : environnementale, économique et sociale, partageant mieux la valeur ajoutée avec ses agriculteurs. »

L’occasion pour l’ancien ministre de l’agriculture de remettre au centre l’agriculteur : « Ce sont d’abord eux qui mettent en pratique l’agroécologie : il faut que cela reste leur propriété tout en étant correctement valorisé par les acteurs de l’aval. »

De nombreuses initiatives tout le long de la filière

Afin d’atteindre les objectifs rappelés par Aline Boy « la majorité des exploitations doivent être engagées dans l’agroécologie en 2025 », les intervenants sont revenus sur leurs initiatives.

Pour Grégoire Lhotte et Florian Strube, agriculteurs de l’Oise et membre d'un GIEE (Groupement d'Intérêt Economique et Environnemental),  le changement des pratiques est né de l’évolution des attentes consommateurs mais aussi du fait que l’agriculture conventionnelle atteint certaines limites (stagnation des rendements, résistance aux produits phytosanitaires…).

Parmi les changements de pratiques, on peut noter la réduction du labour, la diversification des rotations ou encore la recherche de nouveaux débouchés pour les productions. Tous deux s’accordent sur un levier : « l’agroécologie nous apporte de la fierté dans notre métier et du sens à ce qu’on fait. Cela change le regard de la société sur les agriculteurs et nous permet de communiquer positivement sur notre métier. »

 

Si le terme « agroécologie » est assez récent, le concept, lui, ne l’est pas. Ariane Derimay souligne que « LU s’est emparé du sujet en 2007 en engageant des démarches autour de la durabilité des pratiques agricoles afin de maintenir la place privilégiée de la marque chez les français. »

La Charte LU Harmony a ainsi été élaborée en collaboration avec des meuniers, des associations, des experts pour combiner les différentes performances (dont économiques) et des fermes pilotes ont été mises en place sur différentes thématiques.

C’est également le cas pour Carrefour qui a mis en place en 1992 la Filière Qualité Carrefour qui représente aujourd’hui 470 filières ou encore la démarche "C’est qui le patron" : première marque dont le prix et les critères de qualité sont fixés par les consommateurs, afin d’assurer une juste rémunération aux producteurs de la filière.

Pour la coopérative NORIAP, l’enjeu porte sur l’appropriation de l’agroécologie et la conduite du changement auprès de ses agriculteurs.  A travers la mise en place d’un « laboratoire », d’ateliers de travail et la création de la marque « Agriculture Compétitive Environnementale", Céline Leeman Broyer entend accompagner les agriculteurs dans cette transition agroécologique.

Des freins qui subsistent mais des perspectives encourageantes

Si le mot écologie peut faire peur car souvent assimilé au réglementaire, l’obstacle principal réside dans les facteurs risques (test de nouvelles techniques) et temps (recherche de solutions innovantes).

Une chose est sûre : le consommateur est de plus en plus en attente sur ces sujets de transparence et d'agroécologie et l’enjeu de la mesure arrive avec son lot de difficultés.

Quelques indicateurs donnent néanmoins des signaux positifs chez nos agriculteurs : -20% de carburant depuis 2000 ; une quantité de produits phytosanitaires divisée par 3; une meilleure rentabilité de l'exploitation et donc un levier pour faire d'autres choses demain. 

Ces échanges nous ont prouvé que l'agroécologie n'est plus à l'état de projet. C'est déjà une réalité, perçue comme cruciale pour le futur de l'agriculture en France, comme d'ailleurs partout dans le monde. C’est également le constat que l'agroécologie est définitivement une affaire de collectif, tant vertical à l'échelle d'une filière, que horizontal à l'échelle des agriculteurs, entre pairs.

Documents à télécharger
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cp_nuit_de_lagroecologie.pdf